• La vieille boite à chaussures

    La vieille boite à chaussures

    Patrick cherchait désespérément un endroit où cacher la jolie somme qu’il venait de gagner aux jeux de hasard durant l’après-midi. Il était monté au grenier, sachant que personne n’avait l’habitude de venir ici, parmi tous les vieux objets qui trainaient dans l’obscurité des lieux, il repéra rapidement une boite à chaussure. Il l’ouvrit afin de déposer la liasse de billets qu’il avait, un vieux morceau de corde était enroulé dedans. Lui qui cherchait justement de la corde il y a quelques jours, afin de pouvoir attacher l’ancien réfrigérateur dans sa remorqua afin de l’emmener à la décharge. Il le prit avec lui, déposa la boite sur un vieux bureau poussiéreux et redescendit afin de rejoindre sa famille pour le repas.

    Bruce rentra un matin dans la maison familiale et immédiatement, il montra à sa famille la magnifique bague qu’il venait d’acheter et qu’il comptait offrir à sa bien-aimée afin de la demander en mariage. Il avait jugé que vu que désormais ils allaient vivre ensemble, cela serait le moment opportun pour solidifier leur union. Si Patrick, son père, vu enjoué à cette idée, sa mère quant à elle partit de la pièce en pleurant. Bruce ne comprenait pas sa réaction démesurée mais son père lui dit de ne pas y prêter attention. Patrick emmène son fils au grenier lui disant qu’il a un cadeau pour lui, tandis que Bruce explique à son père que sa copine aura la surprise au soir même lorsqu’elle reviendrait de son séjour professionnel .Ce dernier ouvre la vieille boite à chaussure mais constate surpris que l’argent qu’il a déposé hier soir a disparu. Bruce remarque que seul un mégot de cigarette traîne dans la boite, pensant connaître la coupable du vol, il déclare malgré tout à son père que c’est lui qui a pris l’argent pour pouvoir acheter la bague prétextant qu’il ne pensait pas que ces billets appartenait à quelqu’un. Bruce s’en va de la maison, bien décidé à retrouver sa jeune sœur.

    Durant la nuit, Priscilla grimpa silencieusement jusqu’au grenier afin d’être sûre de ne pas être dérangé. Elle alluma la cigarette qu’elle avait prise avec elle, et la porta rapidement à sa bouche. Cela la calma immédiatement, ça faisait déjà trois heures qu’elle avait envie dessus mais sa famille refusée qu’elle fume, du coup elle était obligée de se cacher. Elle avait consciente d’être accro mais cela lui procurait un intense sentiment de bien-être, et elle avait besoin en ce moment avec les nombreuses disputes entre ses parents. Du moins surtout sa mère qui était invivable depuis quelque temps, quand ce n’était pas son père qu’elle grondait, c’était elle qui en prenait plein la tête. La moindre erreur, le moindre écart et cela devenait un long discours de reproche où sa mère ne cessait de rabâcher que de son temps, les enfants étaient bien plus respectables. Mais Priscilla se dit qu’elle n’était pas la pire, le souffre-douleur préféré de sa mère était sa belle-fille. Stacy, la copine de son frère semblait tout tenter pour gagner la sympathie de sa belle-mère Patricia mais cela ne faisait rien. Pourtant Stacy était une fille bien, Priscilla apprécier grandement sa belle-sœur qui était artiste tout comme elle. La jeune fille se demandait comment cette dernière pouvait rester de marbre face aux attaques qu’elle devait subir de sa belle-mère. Alors qu’elle réfléchissait à tout cela en terminant sa clope, assise sur un vieux bureau, la jeune fille fit tomber une vieille boite à chaussure. Espérant que cela n’avait pas réveillé ses parents, elle ramassa la boite et eut la surprise de trouver une belle somme d’argent qui avait été caché. Sachant à quel point sa mère était radine, elle était sûre que c’était cette dernière qui avait dû cacher cet argent. Elle le prit, bien décidé à en profiter pour s’amuser, et afin de bien faire passer le message, elle posa son mégot dans la boite avant de la remettre à sa place. Elle sortit de la maison en douce tout en riant de la surprise qu’aurait sa mère le lendemain.

    Patricia vit son fils partir à toute allure, ce pourrait-il qu’il venait d’apprendre la nouvelle ? Elle alla rejoindre son mari, celui-ci se préparer à sortir, lorsqu’elle l’interrogea sur sa destination, il répondit qu’il allait ramener le vieux réfrigérateur à la décharge étant donnée qu’il avait désormais une corde à sa disposition. Une corde…non ça ne se pouvait pas, la femme se dépêcha de monter au grenier afin d’aller vérifier par sécurité. Une fois arrivé, elle remarqua que la boite avait non seulement bougée mais qu’en plus elle était vide. La corde ! Vite il fallait qu’elle rattrape son mari avant qu’il parte mais cela fut trop tard, elle entendit clairement le bruit du moteur s’éloignait. Mais pourquoi, diable, pourquoi avait-il été fouillé dans le grenier et pourquoi cet idiot s’était amusé à regarder dans une vieille boîte à chaussures. Elle avait jugé que cette boite aurait été un parfait endroit pour cacher cette corde, personne ne se serait amusé à regarder dans une vieille boîte poussiéreuse. Il n’y avait qu’une explication pour que son mari ait trouvé cette corde, il l’avait vu la cacher. Mais elle ne lui en voulait pas, cela n’était pas de sa faute, c’était la faute de cette garce. Elle s’était incrusté dans leur vie de famille, empoissonnant un à un les différents membres telle une sangsue. Son pauvre fils n’avait pas su voir l’horrible femme qu’elle était mais elle avait su comprendre la vérité qui se cachait derrière son visage angélique. Elle avait réussi à changer son fils et voilà qu’elle encourager sa fille à peinturlurer des toiles à tout va, déclarant que c’est de l’art alors qu’il n’y avait rien de sain dans ces mélanges absurdes de couleur. Elle avait bien fait d’agir, désormais cette gourgandine ne serait plus un problème pour sa famille. Elle l’avait retrouvé dans la région voisine durant son fameux séjour d’art dont elle se vantait tant. La jeune demoiselle avait été surprise de voir sa belle-mère mais elle n’avait pas eu le temps de crier que la vieille femme lui avait enroulé la corde autour du cou. Elle avait serré jusqu’à ce que ce démon donne son dernier souffle, puis en rentrant elle avait été caché la corde dans le grenier. C’est sûrement pour cela qu’il était parti si vite, son fils avait dû apprendre la mauvaise nouvelle et elle savait qu’il n’aurait aucun mal à soupçonner et accuser sa mère, le démon avait sûrement laissé ces traces en lui. Mais personne ne l’aurait vivante, elle se le refuser.

    Quelques jours plus tard, Bruce était devant la vieille maison familiale qui était occupée d’être vidé de tous ces biens. Il avait encore du mal à croire à ce que la police lui avait dit, sa copine étranglée, sa mère noyée et sa sœur écrasée, le coupable des trois morts était son père. Il avait hurlé qu’il était innocent pour les deux premiers et que le dernier était un accident regrettable mais la police avait su prouver qu’il possédait la corde qui avait tué Stacy. Après une telle preuve pour un premier meurtre, difficile à croire en son innocence pour les suivants. Il avait été envoyé en prison pour le restant de sa vie, Bruce avait encore du mal à comprendre comme tout cela avait pu arriver si vite sans qu’il ne s’en rende compte. Tandis que les déménageurs engagés par un huissier sortaient le vieux bureau sur lequel reposait la vieille boite à chaussure, Bruce insista pour la reprendre. À l’intérieur il y avait encore le vieux mégot qui trainait dans un coin, la dernière trace de vie de sa sœur. Il ajouta à l’intérieur la bague qu’il comptait offrir à sa bien-aimée avant le drame qui avait frappé cette dernière. Il n’avait pas prêté attention aux chaussures dessinées sur la boite, c’était les talons que portait sa mère de son vivant. Il partit, emporta avec lui cette vieille boîte à chaussures, qui était devenue la plus importante des boites à chaussures du monde à ses yeux.

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